Consultez le deuxième numéro de Palindrome, un nouveau magazine alliant littérature et santé.

Qui peut se prévaloir de l’aide médicale à mourir et comment ce « soin de fin de vie » est-il prodigué? Qu’est-ce que la quantification de soi et pourquoi cette pratique est-elle en expansion? Y a-t-il d’autres types d’intervention que les dons d’aliments pour contrer l’insécurité alimentaire? Peut-on repenser la banlieue pour créer des environnements favorisant la santé de la population? Toutes ces questions, et bien d’autres encore, sont abordées dans le deuxième numéro de Palindrome qui vient tout juste de sortir.

Le magazine Palindrome, alliant santé et littérature, est dirigé par Pascale Lehoux, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Il invite pour chacun de ses numéros des écrivaines et des écrivains ainsi que des expertes et des experts renommés et de la relève à se prononcer sur six innovations sociales ou technologiques en santé. Chaque innovation explorée forme ainsi un dossier où une création littéraire – poème, récit, nouvelle, conte graphique – se conjugue avec du contenu scientifique vulgarisé.

À lire dans ce numéro

Le dossier qui fait la une de ce deuxième numéro lancé en novembre porte sur l’aide médicale à mourir. Kim Doré, auteure de quatre recueils de poésie, lauréate du prix Émile-Nelligan en 2004, signe un poème vibrant intitulé « Ma mère et Alois Alzheimer ». Dre Geneviève Richer poursuit avec une essentielle réflexion sur les obligations des médecins face à la Loi concernant les soins de fin de vie. Sur le thème de la quantification de soi, Julien Michaud-Tétreault, médecin de famille diplômé de l’Université de Montréal, nous transporte dans un récit à peine futuriste où le personnage se sent dépassé par les données relatives à sa santé générées par les capteurs de son téléphone intelligent. Guy Paré, professeur à HEC Montréal, titulaire de la Chaire de recherche en santé connectée, répond par après à quelques questions visant à mieux comprendre le mouvement de la quantification de soi, au profil de ses adeptes et aux risques ou dangers associés à l’utilisation d’objets connectés.

Le troisième dossier aborde un sujet délicat : le diagnostic préimplantatoire, une technique de procréation assistée développée pour venir en aide aux personnes à risque de transmettre une maladie génétique grave à leur descendance. Le poème « Courtepointe » de Stéphanie Roussel, auteure du recueil de poésie La rumeur des lilas paru cette année, va droit au cœur :  parmi des milliers d’autres | amas de chair et bébés à venir | à la fois tout et rien petit espoir et cellules impersonnelles | mes embryons reposent | coincés | en tas de possibles | ombres chinoises qui dansent | après le crépuscule des néons halogènes . Stéphanie Côté, conseillère en éthique clinique et organisationnelle au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, nous fait prendre conscience, quant à elle, à quel point cette technique soulève des enjeux d’ordre éthique. Un témoignage d’une personne ayant une expérience directe de soins accompagne le tout. Pour le dossier sur les médicaments, la dépression et le deuil, Jean-Philippe Bergeron, auteur de cinq recueils de poésie, livre une série de trois poèmes voguant sur les eaux mouvantes de la perte d’un être cher. De courtes capsules scientifiques conçues par l’équipe de rédaction du magazine complètent le dossier.

Dans le dossier sur les banques alimentaires, le poème de Roseline Lambert, poète et anthropologue, juxtapose deux personnages, l’un qui mange à sa faim et l’autre qui aimerait bien pouvoir manger un peu. Louise Potvin, professeure à l’École de santé publique et directrice de l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal, réagit au poème à travers sa lunette de chercheuse s’intéressant aux inégalités sociales et à l’insécurité alimentaire. Pour clore le numéro, Charles Dionne, écrivain et scénariste, nous fait goûter en poésie au thème de l’environnement bâti. Dans la nouvelle rubrique « Visuel », Dominique Laroche, architecte, nous montre en dessin comment repenser la banlieue, et Éric Robitaille, chercheur à l’Institut national de santé publique du Québec, nous parle des effets que l’environnement bâti peut avoir sur la santé de la population.

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